Van Keirsbilck Felipe

Van Keirsbilck Felipe

Pour une société séparée
Le paradoxe du modèle actuel de représentation sociale des conflits est bien là : tandis que la mondialisation et l'épuisement des ressources radicalise l'effet du conflit salarial dans le réel, exacerbant indirectement d'autres conflits, sa représentation dans les formes imparfaites mais efficaces de la "société paritaire" est rendue difficile et illisible.
Auparavant, être exploité, pouvoir le dire collectivement, et pouvoir agir collectivement sur le mécanisme même de cette exploitation, était une façon de faire partie de la société: vous étiez forcément d'un côté ou de l'autre de la ligne (ou de l'une des quelques lignes) qui divisait la société, et si vous étiez du mauvais côté, du moins vous restait-il la lutte – la vôtre ou celle de vos représentants.
Aujourd'hui que le cercle se forme et se ferme autour de tables rondes où un pouvoir qui se dissimule invite des experts pour modaliser, sur fonds de consensus postulé, "les mesures qui s'imposent", il n'y a plus guère de place pour les "contre".

Après avoir suivi des études d’ingénieur, Felipe Van Keirsbilck est Secrétaire général de la CNE (Centrale Nationale des Employés), organisation affiliant les employés des secteurs privés en Belgique francophone. Il est Président du Comité Bruxellois de la CSC (principale confédération syndicale belge, à laquelle est affiliée la CNE).

Publié dans Politique

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