Schehr Sébastien

Schehr Sébastien

Soustraction, défection et nomadisme
Si la notion de "séparation" n'est pas très courante en sociologie, des notions connexes comme celles de "rupture", de "désaffiliation" ou "d'exclusion"... sont en revanche largement utilisées pour appréhender à la fois ce qu'il en est du lien social mais aussi des changements qui affectent les sociétés contemporaines.
Ces catégories – désormais largement répandues et utilisées dans le langage commun – sont pourtant loin d'être neutres et uniquement descriptives : elles charrient en effet des représentations essentiellement négatives et nous renvoient à une certaine idée de ce que devrait être la vie en société. 
De même, la focalisation d'une grande partie de la recherche sur les thématiques de l'exclusion et de la désaffiliation a pour corollaire l'invisibilisation de certains modes d'être et d'agir marqués par la soustraction et des formes volontaires d'exit.
L'objet de ce texte consistera à montrer en quoi des conceptions unilatérales des ruptures et de la déliaison ont fini par oblitérer leur fonction essentielle dans toute vie sociale et surtout par minimiser leur rôle potentiellement créateur et instituant.
Pour se faire, nous nous attarderons sur quelques modalités de la séparation – à savoir la place des formes de soustraction, de nomadisme et de défection dans nos modes d'être et d'agir - ce qui nous permettra d'ancrer cette réflexion dans l'expérience sociale quotidienne.

 

Sébastien Schehr est docteur en sociologie.
Maître de conférences à l'Université  de Nancy, son domaine de recherche porte sur la sociologie de la jeunesse, la sociologie du chômage, la polémologie (étude de la guerre et des conflits), les formes de soustraction et de défection.

Publié dans Sociologie

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