Legendre Stéphane

Legendre Stéphane

La séparation en biologie
En biologie, la séparation primordiale est sans doute celle qui s'est constituée pour séparer un assemblage de molécules de son environnement.
Cette limite entre un extérieur et un intérieur progressivement auto-organisé a déterminé l'émergence de l'individu. Cependant, pour un être vivant, la frontière qui sépare le soi de l'environnement doit être perméable dans les deux sens afin de laisser passer l'information (perception, communication) et l'énergie (nourriture, déchets). Il s'agit donc plutôt d'une interface, d'un filtre.
Pour les êtres unicellulaires, la topologie de la membrane poreuse qui sépare le soi de l'environnement est celle d'une sphère.
Pour les êtres pluricellulaires, la topologie de l'interface est généralement celle d'un tore (le système digestif est topologiquement à l'extérieur) mais dans le détail extrêmement intriquée (branchies, poumons, pores, orifices sensoriels et reproductifs).
Cette séparation — au sens d'établissement d'une interface, d'un lieu d'échange — est la prémisse d'une caractéristique essentielle du vivant : l'autonomie, première étape de la constitution de l'individu.

Stéphane Legendre est docteur en biologie, spécialité écologie.
Il est ingénieur de recherches au CNRS à l'Ecole Normale Supérieure.
Il a publié de nombreux articles sur la question de la dynamique des populations : modèles et simulations.

Publié dans Biologie