Giocanti Sylvia

Giocanti Sylvia

La séparation comme libération du moi
La séparation, comme état qui résulte du fait d'avoir été mis à part ou de se mettre à part, est probablement l'acte de naissance de l'être à soi ou plutôt de la présence à soi, dans la différence entretenue avec soi-même et avec les autres.
Mais cet état, premier acte d'une histoire de la conscience, de sa propre histoire, ou de la réinvention de son histoire, est indissociablement interprété et même ressenti rétroactivement comme une perte de l'origine, une rupture douloureuse avec une unité originaire dont chacun nourrit plus au moins le fantasme.
Faut-il alors penser que la séparation n'est pas première, que ce qui est premier est l'état originaire où la différence (dualité, multiplicité, opposition) n'existe pas, et que par conséquent le fait de venir à l'existence comme distinct, séparé, est le début d'une tragédie, c'est-à-dire d'un deuil impossible de l'unité originaire qui entretient une nostalgie incurable constitutive de toute la misère de la vie humaine ?

Sylvia Giocanti est docteur et professeur agrégé de philosophie.
Ancien élève de l'Ecole-Normale-supérieur de Fontenay-St, elle est Maître de conférence à l'Université de Toulouse-II.
Elle a publié de nombreux articles dans son domaine de recherche : le scepticisme philosophique.

Publié dans Philosophie