Génermont Jean

Génermont Jean

La séparation illustrée par l'analyse du concept d'espèce
Il n'est nul besoin d'être scientifique pour savoir que les êtres vivants ne sont pas tous identiques entre eux, ce que traduit par exemple l'existence dans notre langue de termes tels que "chat", "chien", "chêne", "serpent", "poisson", "animal", "plante", qui font partie du vocabulaire courant et dont chacun s'applique, non à un être unique, mais à d'innombrables individus appartenant à une même catégorie.
Cette terminologie procède d'une démarche tout à fait spontanée de classification des êtres vivants. La démarche classificatoire est devenue scientifique par la formalisation de la nomenclature, de la définition et de la hiérarchie des catégories (dites taxons), et par une volonté d'exhaustivité, tout être devant avoir une place non ambiguë dans la classification.
Un acquis très ancien de la science de la classification, la taxinomie (ou taxonomie), a été de reconnaître des taxons considérés comme unités de base, les espèces.
Une des tâches du classificateur est donc la délimitation des espèces en présence, la détection de ce qui sépare les espèces les unes des autres.
Nous nous intéresserons au problème des séparations entre espèces, tout d'abord du point de vue relativement statique de la description de la biodiversité actuelle, puis du point de vue plus dynamique de l'origine de ces séparations.

Jean Génermont est docteur d'Etat, agrégé normalien en sciences naturelles, Professeur émérite. Il a eu la responsabilité de différents postes d'enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences de Paris et à l'Ecole Normale Supérieure. Actuellement rattaché à l'Unité Mixte de Recherche « Écologie, Systématique et Évolution » au centre scientifique d'Orsay, il a publié de nombreux articles sur le problème de l'hérédité des caractères acquis et sur la notion d'espèce et des mécanismes de la spéciation.

Publié dans Biologie