Roberti (Père) andré

Roberti (Père) andré

Séparation, communion et rencontre
D'abord, et avant toute réflexion, j'aurais cette réaction sur le mot séparation... On entend un couple qui se sépare, c'est l'idée pour moi d'une certaine souffrance parce que la séparation fait mal.
Mais de suite, la séparation aurait, ce que j'appellerais, sa deuxième nature : séparation appelle communion.
C'est un peu pour moi la même réalité de relation entre les hommes qui tantôt est faite de séparation, et tantôt est faite de communion.
Toute séparation suppose une communion, et comme l'on pourrait dire : toute communion suppose un certain degré de séparation. De même que l'idée de séparation pourrait se comprendre au regard d'un idéal de communion.
Dans le mariage, il n'y a de vraies communions entre deux êtres que s'il y a des temps, des moments, des chemins qui sont dans l'ordre d'une certaine séparation. Tout couple demande à se séparer pour s'aimer plus. Se séparer notamment de l'aspect de sécurité que me donne cette vie à deux. Cette séparation est une souffrance, mais elle est aussi un chemin – autre et auquel nous n'avons pas été habitué.
Je crois que l'on a tort de toujours prendre le sens du mot séparation comme rupture. La séparation fait également naître et grandir, une rencontre plus complexe doit naître d'elle, une joie et une rencontre plus profondes. Mais tout ça fait mal...

Le Père André Roberti est prêtre.
Jésuite, il est le fondateur du « Toit » en Belgique, lieu d'accueil, de rencontre et de partage, ouvert à tous : personnes handicapées et âgées, étrangers, jeunes...
En 1971, la rencontre avec Jean Vanier, l'amène à rattacher le Toit au mouvement de « l'Arche » et à élargir l'accueil aux personnes avec un handicap mental. Aujourd'hui, « L'Arche Belgique » compte seize foyers rassemblés en six communautés, à Bruxelles, Namur, Bierges, Anvers.

Publié dans spiritualité